La situation humanitaire dans la bande de Gaza continue de se détériorer rapidement. Après l’expiration de l’accord de cessez-le-feu, négocié avec la médiation des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte le 18 mars 2024, Israël a repris ses opérations militaires et imposé un blocus total du territoire. Malgré un allègement partiel des restrictions et l’entrée limitée d’aide humanitaire, l’ampleur de la catastrophe humanitaire reste critique.
Selon le ministère de la Santé à Gaza, cité par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), depuis le 7 octobre 2023, plus de 52 928 Palestiniens ont été tués et environ 119 846 blessés. Parmi les victimes se trouvent un grand nombre d’enfants : plus de 50 000 mineurs ont été tués ou blessés. Depuis la reprise des hostilités le 18 mars seulement, selon les rapports disponibles, 1 309 enfants ont été tués et 3 738 blessés.
Entre le 2 mars et le 20 mai, aucune aide humanitaire n’a pu entrer dans Gaza. Ce n’est que le 20 mai qu’Israël a autorisé l’entrée de 93 camions transportant de la nourriture, du lait infantile, des médicaments et du matériel médical. Cependant, selon les estimations de l’ONU, au moins 600 camions par jour sont nécessaires pour répondre aux besoins fondamentaux de la population. En raison de l’accès limité et de la complexité logistique, l’aide arrivée à Gaza n’a toujours pas atteint la majorité des bénéficiaires.
Selon la classification IPC (Classification intégrée de la sécurité alimentaire), soutenue par l’ONU, environ 500 000 personnes — soit environ un habitant sur cinq — vivent dans des conditions correspondant au niveau 5 de l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire au seuil de la famine. L’ensemble de la population de Gaza — soit environ 2,1 millions de personnes — souffre d’une grave et prolongée pénurie alimentaire. Depuis le début du blocus le 2 mars, selon le ministère de la Santé, 57 enfants sont morts des suites de la malnutrition.
Si la situation humanitaire ne s’améliore pas, on prévoit que dans les 11 prochains mois, environ 71 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë. L’UNICEF et d’autres organisations humanitaires internationales appellent à un accès humanitaire immédiat et durable ainsi qu’à la protection de la population civile, en particulier des enfants.