La journaliste ukrainienne Viktoria Roshchyna, portée disparue en août 2023 sur un territoire temporairement occupé, a été retrouvée morte et restituée à l’Ukraine dans le cadre d’un échange de dépouilles à la fin du mois de février 2025. Selon les résultats de l’expertise médico-légale réalisée en Ukraine, le corps présentait de graves mutilations : les globes oculaires, une partie de la trachée et le cerveau étaient absents.
D’après l’organisation internationale d’investigation Forbidden Stories, ces modifications anatomiques pourraient avoir été intentionnelles — pour dissimuler des traces d’étranglement. Un hématome au cou ainsi qu’une probable fracture de l’os hyoïde suscitent de fortes suspicions, ces signes étant typiques d’un décès par asphyxie mécanique.
De plus, le corps de Viktoria avait été identifié dans les documents russes comme une « personne de sexe masculin non identifiée » sous le numéro 757, ce qui soulève d’autres questions sur les circonstances de sa mort. Les autorités russes ont évoqué comme cause officielle un SUAS — « lésion combinée des artères du cœur », une explication jugée insuffisante par les experts au vu des nombreux signes de violence.
Née le 6 octobre 1996 à Zaporijjia, Roshchyna a commencé sa carrière de journaliste dès son jeune âge, couvrant les affaires judiciaires, les crimes et la vie dans les territoires occupés. En juillet 2023, elle s’est rendue dans l’est occupé de l’Ukraine en passant par la Russie, probablement pour réaliser un reportage sur la catastrophe du barrage de Kakhovka et la situation à la centrale nucléaire de Zaporijjia. Elle a donné de ses nouvelles pour la dernière fois le 3 août. Sa disparition a été reconnue publiquement en octobre 2023.
En avril 2024, le père de Viktoria a reçu une lettre des autorités russes indiquant qu’elle était détenue. Il a ensuite été révélé qu’elle se trouvait dans la colonie pénitentiaire n°77 à Berdiansk, puis dans le centre de détention provisoire n°2 à Taganrog — deux lieux souvent cités dans les témoignages de torture de détenus. Selon les services de renseignement ukrainiens, Roshchyna figurait sur une liste de prisonniers à échanger, mais elle serait morte pendant un transfert.
D’après des défenseurs des droits humains, la journaliste aurait subi des tortures électriques, des blessures au couteau, et aurait été maintenue en isolement complet. Le 3 mars 2025, le média Slidstvo.Info a publié une enquête confirmant les sévices subis par Roshchyna en captivité russe.
Selon les données vérifiées de l’Union nationale des journalistes d’Ukraine, au 14 janvier 2025, au moins 31 employés civils des médias sont toujours détenus par la Russie. Tant les journalistes que les civils y sont soumis à la torture, à des traitements inhumains et à des exécutions extrajudiciaires.
Un film documentaire intitulé « La Dernière Mission de Vika » a été réalisé sur la disparition et la mort de Viktoria Roshchyna. Il retrace son parcours, son engagement journalistique et sa lutte pour la vérité en temps de guerre.
Regardez le film “La Dernière Mission de Vika” : https://www.youtube.com/watch?v=0xhaNePtNfE