Malgré le cessez-le-feu pascal annoncé, qui devait entrer en vigueur à 16h00 le 11 avril, la situation réelle sur le front a démontré le contraire : l’intensité des combats non seulement n’a pas diminué, mais s’est accompagnée de violations massives et d’incidents présentant des signes de graves violations du droit international humanitaire.
Selon l’état-major général des forces armées ukrainiennes, au matin du 12 avril, environ 2 300 violations du cessez-le-feu ont été enregistrées depuis son annonce. Parmi celles-ci figurent 28 actions d’assaut, 479 bombardements, 747 frappes de drones kamikazes de types «Lancet» et «Molniya», ainsi que plus d’un millier d’attaques de drones FPV. Rien que la veille, le 11 avril, les forces russes ont mené 58 frappes aériennes en utilisant 184 bombes aériennes guidées. Au total, 120 affrontements ont eu lieu au cours de la journée sur presque tous les axes du front, ce qui annule de facto l’idée même d’un « cessez-le-feu ».
Une attention particulière doit être accordée aux frappes contre les infrastructures civiles. Selon le Service d’urgence de l’État, le 12 avril, un drone russe a attaqué un magasin à Zolochiv, dans la région de Kharkiv, blessant deux personnes. De telles actions violent directement le principe de distinction entre objectifs civils et militaires, qui est fondamental en droit international humanitaire.
La partie russe, de son côté, a accusé l’Ukraine de violer le cessez-le-feu, affirmant plus de 1 900 bombardements. Les accusations mutuelles dans de telles conditions sont typiques ; cependant, les faits vérifiés, notamment ceux accompagnés de preuves visuelles et d’enquêtes, sont essentiels.
Le projet OSINT ukrainien DeepState a publié des vidéos montrant non seulement des violations du cessez-le-feu, mais aussi des attaques ciblées contre des militaires ukrainiens blessés et capturés. Selon leurs données, vers 17h30 le 11 avril, dans la zone de Houliaïpole, dans la région de Zaporijjia, les forces russes ont attaqué un groupe d’évacuation ukrainien à l’aide de drones FPV. Les images montrent des drones kamikazes frappant deux soldats blessés incapables de se déplacer, ce qui pourrait indiquer un ciblage intentionnel de personnes hors de combat.
Un autre épisode encore plus retentissant publié par DeepState concerne l’exécution présumée de quatre prisonniers de guerre ukrainiens près du village de Veterynarne, dans la région de Kharkiv. Bien que l’état-major ukrainien n’ait pas officiellement commenté ces documents, le fait d’actions d’assaut dans cette zone a été confirmé dans le rapport du 11 avril. Par ailleurs, le parquet régional de Kharkiv a officiellement confirmé l’incident.
Selon l’enquête, des militaires russes ont capturé quatre soldats d’une brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes, puis les ont délibérément abattus avec des armes automatiques. Une procédure pénale a été ouverte pour traitement cruel de prisonniers de guerre ayant entraîné leur mort. De tels actes constituent une violation grave des Conventions de Genève et sont qualifiés de crime de guerre.
Par ailleurs, une attaque contre un transport médical a été enregistrée — un autre élément essentiel de la protection humanitaire en temps de guerre. Dans la nuit du 12 avril, dans la région de Soumy, un drone russe a frappé une ambulance dans la communauté de Hloukiv. Trois médecins ont été blessés et ont reçu rapidement une assistance ; leur vie n’est pas en danger. Le fait de viser un transport médical constitue une violation directe des normes garantissant la protection du personnel médical et des moyens d’évacuation des blessés.
En conclusion, le cessez-le-feu pascal a révélé une profonde crise de confiance et l’absence de mécanismes efficaces pour assurer le respect même d’accords temporaires. L’ampleur des violations enregistrées, les attaques contre les civils, les blessés et le personnel médical, ainsi que les cas confirmés d’exécution de prisonniers de guerre, témoignent non seulement d’un mépris du cessez-le-feu, mais aussi du caractère systémique des violations du droit international humanitaire.
De tels incidents soulignent que des accords formels sans mécanismes réels de suivi et de responsabilité restent déclaratifs. En même temps, chaque cas documenté constitue une preuve potentielle pour la justice internationale et rappelle que la question de la responsabilité pour les crimes de guerre demeure ouverte et d’une importance fondamentale.