Le 5 juin, un nouvel échange de personnes détenues a eu lieu entre l’Ukraine et la Fédération de Russie. Selon le Quartier général de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre, 185 militaires ukrainiens ainsi qu’un citoyen civil ukrainien, détenu en captivité russe depuis 2022, sont rentrés en Ukraine.
Il s’agit du 75e échange de prisonniers depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Fédération de Russie.
Parmi les personnes libérées figurent des membres de différentes composantes des Forces de défense ukrainiennes, notamment de la Marine, des Forces terrestres, des Forces d’assaut aéroportées, des Forces de défense territoriale, des Forces d’opérations spéciales et du Service de maintien de l’ordre militaire. Des membres de la Garde nationale d’Ukraine et du Service national des gardes-frontières ont également été rapatriés.
Selon les informations du Quartier général de coordination, les personnes libérées comprennent des défenseurs de Marioupol et des participants à la défense de l’usine sidérurgique d’Azovstal. Elles avaient pris part aux combats dans les régions de Donetsk, Louhansk, Kharkiv, Kherson, Zaporijjia, Soumy, Kyiv et dans le secteur de Koursk.
Plus de la moitié des prisonniers de guerre libérés étaient détenus en captivité russe depuis 2022. Certains ont passé plus de quatre ans en détention. Parmi les personnes rapatriées figure également un participant à l’opération héliportée de ravitaillement de la garnison d’Azovstal au printemps 2022.
Les personnes libérées sont âgées de 26 à 62 ans et comprennent des soldats, des sous-officiers et des officiers.
Le retour des prisonniers de guerre ukrainiens et des civils détenus demeure l’une des principales questions humanitaires liées au conflit armé. Les organisations de défense des droits humains continuent de souligner la nécessité d’assurer des échanges réguliers et le retour inconditionnel de tous les citoyens ukrainiens détenus illégalement.
Les autorités ukrainiennes avaient précédemment indiqué avoir transmis à la Fédération de Russie des listes d’échange comprenant plus de 800 personnes. Toutefois, le processus de libération reste irrégulier et dépend de la position des autorités russes. Les défenseurs des droits humains ont à plusieurs reprises signalé des violations du droit international humanitaire par la Fédération de Russie, notamment des dispositions des troisième et quatrième Conventions de Genève relatives au traitement des prisonniers de guerre et des civils en période de conflit armé.
Les organisations ukrainiennes et internationales de défense des droits humains attirent également l’attention sur les difficultés d’accès des missions humanitaires indépendantes aux lieux de détention, sur l’absence d’informations complètes concernant l’état de santé des détenus et sur les cas de détention prolongée sans communication adéquate avec le monde extérieur. Dans ce contexte, elles appellent la Fédération de Russie à respecter ses obligations internationales et à garantir les droits de toutes les personnes détenues.