AHRCZ Logo

ADHZC
Association pour les Droits de l'Homme dans les Zones de Conflit

Rapport sur les violations

Analyse de la situation humanitaire dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie

Selon les dernières données de l’ONU, le financement des opérations humanitaires diminue en 2025, et la situation dans les zones de conflit pourrait se détériorer considérablement — notamment dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Malheureusement, il est impossible de recueillir des données statistiques précises, car la Russie refuse systématiquement l’accès même aux observateurs civils et aux missions humanitaires internationales. Les informations fournies par la Russie ne correspondent pas aux témoignages des personnes ayant fui les territoires occupés.

Alors, quelle est la réalité des besoins humanitaires fondamentaux — tels que l’accès à l’eau potable, aux produits alimentaires de base, et aux soins médicaux primaires — dans les zones contrôlées par la Russie, selon les témoignages de civils ?

Soins médicaux


Au 13 janvier 2025, 1 971 établissements de santé ont été endommagés en Ukraine depuis le début de l’agression à grande échelle de la Russie, dont 300 entièrement détruits.

Depuis le début de la guerre, l’Ukraine finance les établissements médicaux — y compris dans les territoires occupés — selon un nouveau système qui prévoit le versement mensuel d’un douzième du budget annuel à chaque structure. Actuellement, les fonds sont versés aux hôpitaux avec lesquels un contact a pu être établi.
Dans les territoires occupés, la situation est particulièrement grave, les forces d’occupation empêchant l’acheminement de médicaments essentiels.

Un succès notable est le train médical — un projet lancé par Médecins Sans Frontières et Ukrzaliznytsia (Chemins de fer ukrainiens), qui sauve des milliers de vies.

Globalement, la situation dans les zones de combat ne respecte aucune norme internationale. Dans les petites villes et villages, les services médicaux sont tout simplement inexistants selon les témoins. Les ambulances ne se déplacent pas à cause des infrastructures détruites et des bombardements fréquents. Parfois, il est même impossible de les appeler à cause des pannes d’électricité et de réseau.

Dans les villes également, la situation est inégale : même dans les territoires des soi-disant « républiques populaires », le système de santé est défaillant. Des témoignages rapportent que même des soldats russes blessés sont laissés sans soins.

Eau

En janvier 2025, la situation de l’eau potable dans les territoires temporairement occupés de la région de Donetsk s’est fortement détériorée. Les réserves d’eau de Voda Donbasu, seul fournisseur, ont été réduites de moitié.

À Donetsk, les files d’attente pour l’eau potable livrée s’étendent sur plusieurs heures. Les autorités locales affirment que l’eau est disponible dans le réseau, mais qu’elle s’écoule dans les rues au lieu d’arriver dans les foyers.

Pendant l’hiver 2023–2024, à Donetsk, les habitants ont dû faire fondre la neige pour obtenir de l’eau en raison de l’absence d’approvisionnement.

À Kherson, après la destruction du barrage de la centrale hydroélectrique de Kakhovka, les occupants ont privé la population d’accès à l’eau potable. Les habitants vivent une catastrophe humanitaire, les autorités d’occupation étant incapables de répondre aux besoins fondamentaux. Sur le territoire occupé de la région de Kherson, les autorités reconnaissent la dégradation critique des plans d’eau. L’eau n’est plus utilisable ni pour les besoins domestiques, ni pour l’agriculture, ni pour la baignade.

En Crimée, 2025 sera une autre année sans eau du Dniepr, ce qui ne laisse aucun espoir d’amélioration.
Globalement, la situation est très disparate et suscite de l’inquiétude même dans les grandes villes. Dans les zones de combat, notamment dans les petits villages, les réseaux d’eau sont largement endommagés (quand ils existaient), et l’eau des puits n’est souvent pas potable.

Produits alimentaires de base

Les médias ont dressé une liste de produits alimentaires et de biens humanitaires essentiels à stocker pour survivre en cas de blocus ou d’occupation. Mais combien de temps ces réserves peuvent-elles durer ?

Le droit humanitaire international oblige la puissance occupante à fournir à la population de la nourriture, des médicaments, des vêtements, de la literie, un logement et d’autres produits de première nécessité. Mais dans quelle mesure cela est-il respecté — c’est une autre question.

Plusieurs organisations humanitaires internationales continuent d’apporter leur aide dans les zones de crise. La puissance occupante est censée faciliter l’acheminement de cette aide. Malheureusement, les refus d’accès à ces cargaisons sont devenus la règle plutôt que l’exception.

Ainsi, la situation reste instable et incontrôlée. Le niveau de menace pour la population civile dans les territoires occupés ukrainiens est élevé. Les habitants souffrent de violences de la part des autorités d’occupation, de difficultés économiques et du manque de ressources essentielles.

Conclusions


La situation humanitaire dans les territoires ukrainiens temporairement occupés par la Russie demeure critique et instable. Les habitants continuent de souffrir d’une pénurie aiguë de ressources fondamentales, notamment d’eau potable, de soins médicaux et de nourriture. Cette crise est aggravée par le blocage systématique des organisations humanitaires internationales, ce qui empêche toute évaluation complète et toute aide adéquate.

De plus, la situation en matière d’éducation est préoccupante. Les enfants sont forcés de suivre des programmes russes, souvent remplis de contenus idéologiques biaisés et sans possibilité de choix. Dans de nombreux endroits, les écoles sont soit détruites, soit transformées à des fins militaires.

On observe également une dégradation environnementale importante — conséquence de la destruction du barrage de Kakhovka, de la démolition d’installations industrielles, et de l’absence de contrôle environnemental. Cela a entraîné une catastrophe écologique régionale, avec la contamination de l’eau et des sols, mettant en danger la santé et la vie de milliers de personnes.

Enfin, les cas documentés de tortures, de disparitions forcées et d’exécutions de civils sont particulièrement inquiétants. Ces actes — qui relèvent de crimes de guerre — violent non seulement le droit humanitaire international, mais instaurent un climat de peur et de terreur permanente pour la population civile.

Tous ces éléments témoignent d’une crise humanitaire profonde, qui nécessite une réaction urgente de la communauté internationale et une pression accrue sur l’État occupant pour assurer la protection des droits des civils.